Noroxo (page 1/8)

Il y a bien longtemps, le charbon était la base de toute l'industrie. De grands complexes carbochimiques surgissaient de terre, comme ont surgit plus tard les raffineries de pétrole. Harnes était un exemple du genre, sur le même lieu se trouvaient regroupés une mine, un triage-lavoir, une centrale électrique, une cokerie et une usine chimique : Courrières-Kühlmann. Les fondations de la modernité rassemblées sur quelques hectares.

Construit en 1927, le pôle chimique, dont le dernier nom a été celui de Noroxo, était le dernier témoin de cette activité. De fait, l'usine avait été beaucoup modifiée dans les années 80 pour passer du traitement des gaz de cokerie à la fabrication des acides et alcools Oxo, inventés sur les lieux. Les matières premières étaient livrées par camion et stockées dans des bacs. Les produits étaient traités dans divers réacteurs, puis réexpédiés également par voie routière.

Et soudain, en 2003, toute la France entend le nom de Noroxo. Suite à une épidémie de légionellose, l'usine est soupçonnée d'être une source de contamination, via la vapeur des aéroréfrigérants. La ministre de l'écologie de l'époque impose un arrêt des installations. S'en suit nettoyage et désinfection, l'usine redémarre, puis s'arrête à nouveau... et finalement, la fermeture est décidée en 2004. Voici en résumé le feuilleton qui a tenu en haleine la France, ou au moins le bassin minier, durant quelques mois.

Il est extrêmement intéressant de visiter une usine avec les gens qui y ont travaillé. Plus qu'un lieu de travail, c'est aussi un lieu de vie ; quasiment une micro-société, avec ses codes, ses règles de fonctionnement, ses petites et grandes histoires. Au total, l'usine comptait 150 employés. Les opérateurs de production recevaient une formation d'un an avec entraînement sur des simulateurs, pour être parés à répondre à tous les événements. Un employé me confie son besoin de concentration avant de se rendre a son poste de travail "Il fallait avoir les neurones en place s' il se passait quelque chose à 2h du matin". "On travaillaient beaucoup à l'oreille. C'est le bruit qui nous permettait de savoir comment tournait l'installation" dira un autre. "Ce qui est impressionnant pour moi maintenant c'est le silence".

Je tiens a remercier toutes les personnes qui ont rendues cette visite possible, particulièrement M. Vinet pour son autorisation, M. Laloy pour son accueil, et M. Wozniak qui m'a guidé dans les installations. [Photos prises en mars 2009]

 

Vue depuis le sommet du terril

 

 

 

 

 

 

Les bacs

 

 

 

 

La "fosse aux serpents", qui permettait de répartir les produis vers les différents bacs

 

 

 

 

 

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