Le bassin lorrain (page 1/3) : Les hauts fourneaux de la division Patural à Hayange

Si le bassin minier du Nord-Pas de Calais ressemblait à une foret de chevalements, le bassin lorrain ressemblait quand à lui à une foret de hauts fourneaux. Dans la vallée de la Moselle, entre Metz et Thionville, toutes les villes sans exception ont possédé une usine sidérurgique avec, au temps des gloires industrielles passées, plusieurs hauts fourneaux chacune.

Bien entendu, une telle concentration ne doit rien au hasard. Nous sommes ici au dessus d'un immense gisement de minerai de fer, qui s'étend sur 100 km de long, de Nancy au Luxembourg. La minette, tel est le nom donné à ce minerai dont la teneur en fer est relativement faible (environ 30%). L'utilisation de plus en plus massive de minerais beaucoup plus riches, venant de beaucoup plus loin (Australie, Afrique du Sud) signera d'ailleurs la fin de l'exploitation du gisement, et l'arrêt progressif de la grande époque sidérurgique. Les sites lorrains sont désormais qualifiés de "continentaux", on leur préfère les sites "maritimes", où la transformation des matières premières peut se faire directement au déchargement des bateaux. Les calculs économiques sont décidément d'une perspicacité étonnante !

Nous commençons notre parcours par le site de Florange, désormais géré par ArcelorMittal. Usine sidérurgique totalement intégrée avec cokerie, hauts fourneaux, aciérie, coulée continue et laminoirs ; seule l'usine d'agglomération est excentrée à Rombas. De fait, l'usine s'étend sur plusieurs communes de la vallée de la Fensch. Les trois hauts fourneaux encore visibles se trouvent à Hayange, place forte de la famille Wendel. Le P4 est définitivement arrêté, le P3 et le P6 sont en veilleuse.

Hayange n'est pas un lieu anodin dans l'histoire de la sidérurgie. C'est là en effet que les premiers hauts fourneaux à coke du continent Européen sont testés en 1769. Déjà largement utilisés au Royaume-Uni depuis une dizaine d'année, on utilisait auparavant le charbon de bois comme combustible.

Les photos ont été effectuées quelques jours avant la mise en veille du P6, en septembre 2011.

 

Le P6, en activité ; le P4, fermé ; le P3, en veilleuse

 

Les anciens bureaux Wendel

 

 

Le pâle panache orangé d'oxyde de fer qui s'échappe du plancher de coulée est le seul témoin visible du fonctionnement du P6

 

Coulée continue

 

Non loin de la cokerie

 

Cokerie de Sérémange

 

Les hauts fourneaux d'Hayange depuis le cimetière de la rue Notre Dame

 

De gauche à droite : l'aciérie, les hauts fourneaux P6, P4 et P3. Tout en arrière plan, les cheminées de la centrale électrique de Richemont

 

Le haut fourneau P3

 

Le haut fourneau P6

 

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