Usine sidérurgique ArcelorMittal (ex Cockerill Sambre)

Les éléments d'explication historique sont tirés de l'ouvrage Les hauts fourneaux d'Ougrée, de François Pasquasy.

Octobre 2011, a peine rentré de lorraine où ArcelorMittal viens de décider la mise en veilleuse du haut fourneau P6, la presse annonce que la même entreprise arrête définitivement la phase a chaud de Liège, elle même en veilleuse depuis plusieurs mois pour cause officielle de "conjoncture défavorable". En clair, les deux hauts fourneaux (HF B d'Ougrée et HF 6 de Seraing) et l'aciérie de Chertal sont condamnés. Le laminoir de Chertal doit continuer sa production, alimenté par des brames d'autres usine. La cokerie d'Ougrée est la seule usine "du chaud" maintenue en fonctionnement. Son autorisation d'exploitation s'étend jusqu'en 2022 et l'Europe est en manque de cokeries. Son coke alimente notamment les sites ArcelorMittal de Dunkerque, Bremen et Gand.

Raconter l'histoire de la sidérurgie liégeoise implique de remonter aux temps où la Belgique n'existait pas encore en tant que pays. C'est en 1820, alors que le territoire de Liège est sous tutelle néerlandaise, que les industriels anglais Charles-James et John Cockerill amorcent les démarches pour la construction d'un haut fourneau à Seraing. Cet outil, qui démarre en 1826, est alors un des rares du contient européen à utiliser le coke comme combustible.

Dans les années qui suivent la création de la Belgique (1830), de nombreuses entreprises sidérurgiques voient le jour dans la vallée de la Meuse, notamment la Fabrique de Fer d'Ougrée en 1837. Au fil des différentes fusions d'entreprises qui jalonnent à intervalle régulier la vie du bassin sidérurgique liégeois, les sites de Seraing et d'Ougrée seront intégrés à la même entreprise : Cockerill-Ougrée, en 1955. "Le 27 juin 1955 est une date importante pour la sidérurgie liégeoise, celle de la fusion des Sociétés John Cockerill, Ougrée-Marihaye et Ferbatil, où Cockerill était majoritaire. Elle donnait naissance à une nouvelle entreprise, groupant plus de 40000 personnes et constituant le complexe sidérurgique belge le plus important, avec une production annuelle de plus de 2 millions de tonnes d'acier." (Les hauts fourneaux d'Ougrée, François Pasquasy, page 157).

Une des caractéristiques les plus frappantes lorsqu'on arrive pour la première fois à Liège, est la répartition des différents sites dans la ville. En effet, au fil des regroupements d'usines, la tendance à toujours été de conserver l'outil le plus moderne. A l'origine, Seraing et Ougrée possédaient chacun usine d'agglomération, cokerie et aciérie. Cette dispersion des différentes usines implique de mettre en place des connexions entre elles. On peut noter par exemple la bande transporteuse aérienne de plusieurs kilomètres de long qui relie l'agglomération d'Ougrée au HF 6 de Seraing. Mais le plus frappant restera le transport de fonte liquide depuis les hauts fourneaux jusqu'a l'aciérie de Chertal par des wagons poche ("torpilles") jusqu'à Chertal. Caque jour, des centaines de tonnes de fonte parcouraient ainsi 22km au milieu d'une agglomération de 200 000 habitants. C'est un fait unique au monde.

Les différents sites d'ArcelorMittal Liège, ex Cockerill-Sambre

Les années 2000 ont été certainement les plus mouvementées pour l'acier liégeois. Le groupe Arcelor, nouvellement créé décide en 2003 une fermeture à l'horizon 2009. Le HF 6 est fermé en 2005. Arcelor sera ensuite racheté par par Mittal, qui décide la relance, et redémarre le HF 6 de Seraing (a ce propos, il existe l'excellent documentaire HF 6, le film). Huit moi seulement après cette relance, la crise économique mondiale fait irruption, le HF 6 est de nouveau arrêté. Le HF B devra être lui aussi plusieurs fois mis en veilleuse ("mis sous cocon") puis relancé ; avant la décision de fermeture définitive de 2011. Point final pour la "descendance" de Cockerill ? L'avenir nous le dira. [Photos prises en octobre 2011]

 

Le site d'Ougrée, en bord de Meuse, avec au centre le HF B

 

Le site d'Ougrée

 

 

 

Le HF B et la basilique de Liège

 

L'usine d'agglomération qui alimentait le HF B et le HF 6

 

Le sommet du HF B et la cheminée des cowpers, appareils qui servent à produire le vent chaud (plus de 1000°C) qui aliment les tuyères du HF

 

Le site de Seraing avec le HF 6

 

 

Le HF 6 à l'aube

 

 

A deux pas du centre ville de Seraing

 

Les deux HF liégeois : le B à gauche, le 6 à droite

 

Les HF et la cokerie de Seraing

 

Une des cheminées de la cokerie

 

A l'aube, le quai de déchargement pour la cokerie, en arrière plan, le HF B

 

 

 

 

Une vue devenue très rare en Europe occidentale : un défournement avec un guide coke sans hotte. On voit directement le coke incandescent tomber dans le coke car. La plupart des cokeries ont aujourd'hui un système de hotte aspirante qui capte les poussières et la fumée, rendant cette opération invisible.

 

 

Les batteries de fours et au premier plan , la défourneuse

 

 

 

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